|
 | Entrevue exclusive avec Jérôme de la formation québécoise Sweet Distortion. |
Sweet Distortion est un projet originaire de Montréal et pratiquant un style Heavy Metal hybride. C'est que ses membres n'aiment point la monotonie au plan musical, et ont ainsi recours à plusieurs sonorités diverses au sein de leurs compositions. Leur palette sonore emprunte donc des teintes allant du Rap au Metal extrême.
Nous avons jugé bon de contacter Jérôme, l'homme de tête de Sweet Distortion, afin d'en connaître davantage sur le projet en question.
Patrice Lamontiers de Metalquebec.com : Tout d'abord, j'aimerais que tu nous parle un peu des origines du projet, afin que nos lecteurs en sachent un peu plus sur vous.
Jérôme de Sweet Distortion : Hé bien, je suis le membre fondateur, le groupe a débuté en septembre 2000, mais à cette époque nous nous nommions "Missing Link". J'ai très tôt réalisé qu'il y avait déjà plusieurs formations oeuvrant sous cette appelation, ce pourquoi nous avons décidé d'en prendre une autre. Il est à noter que le titre de notre premier album est comme de fait "Missing Link".
P. L. : Peux-tu nous dire qui sont les membres de Sweet Distortion et de quel instrument ils jouent ?
J. : Je suis le chanteur du groupe, le batteur est Marc Laflamme, le bassiste est Antoine Safard, et le guitariste se nomme Mark Tremblay. Marc joue pour les Légendes Fantastiques, et Antoine est en Europe présentement, ce qui malheureusement nous empèche de pratiquer intensivement et de nous produire en spectacle pour le moment.
P. L. : Qu'en est-il de ce nouvel enregistrement que vous venez de produire, et de la réponse reçue à son égard ?
J. : "Missing Link" est distribué dans les magasins indépendants du Québec par Local Distribution. Nous sommes satisfaits de ce que ça a donné en tant qu'album, bien que nous aimerions une réponse plus significative de la part du public et des médias, mais on travaille constament dans ce but.
Je suis tout de même allé à l'émission de Christiane Fortier (radio universitaire 89.3 / 101.5), ce qui était sympa, et nous avons obtenu des bonnes critiques, comme celle du magazine Terrorizer (Angleterre), bien que même si la critique en question était excellente, je n'aie reçu qu'une seule demande pour l'album ! Je trouve étrange que même avec une bonne critique comme celle-ci nous n'ayons pas reçu plus de demandes, mais enfin...
P. L. : Peux-tu me parler du vidéoclip que vous avez produit pour la pièce Kiss my Ass ? Penses-tu que Musique Plus va le faire tourner ?
J. : C'est notre titre Rap Metal, il est assez vulgaire, mais pas plus que bien du matériel qui passe sur leur réseau, alors je ne vois pas pourquoi ils ne le feraient pas tourner. Le sujet est à propos de rien en particulier, juste sur le lèchage de bottes en général.
P. L. : Que penses-tu de la scène Metal au Québec ?
J. : Il est difficile de dépasser la scène d'ici, dans le sens de percer à l'extérieur, bien que récemment la scène semble plus s'ouvrir, comme dans le cas de Cryptopsy. Mais le problème est que le Metal en général est rendu encore plus underground qu'avant : les médias comme Musique Plus, qui pendant les années quatre-vingt faisaient une place autant au Heavy Metal léger - comme le Glam - qu'au Thrash et au Death Metal, n'en ont maintenant que pour le New Metal (Korn, Deftones), alors la scène Metal qui n'entre pas dans cette catégorie est redevenue plus souterraine. En outre, l'émission Metal ne dure mème pas une demi-heure maintenant, ce qui laisse place à cinq vidéoclips, qui sont souvent des vieux trucs.
Quant au mouvement True Black Metal, je trouve que faire du Black pur, c'est de suivre une mode, seulement une différente parmi d'autres. Chacun ses goûts. Ce que je n'aime pas, c'est qu'on tourne la musique en religion avec des règles et des dogmes à respecter absolument. Au contraire, on devait profiter du fait qu'on a pas à se conformer aux exigences des médias majeurs pour être plus créatifs. C'est de l'art qu'on fait, pas seulement de montrer qui est le plus méchant, brutal ou "vrai". Si des bands se pensent si durs à cuire, ils n'ont qu'à aller faire des combats extrêmes ou devenir terroristes...
Quoi qu'il en soit, personnellement, nous voulons toucher à tout et incorporer des influences aussi diverses que possible, et je crois que c'est ceci qui fait notre originalité. En fait nous essayons de parvenir à la fusion parfaite de styles musicaux à priori très différents.
P. L. : Quelles sont vos influences musicales ?
J. : Je ne pense pas que nous soyons influencés par un groupe en particulier. J'aime bien les trucs New Metal, ça ne me dérange pas que ça ne soit pas à la mode de dire ça dans la scène Metal en ce moment, en fait personnellement j'écoute tout de Korn et Limp Biscuit à Cryptopsy ou Dimmu Borgir. Le bassiste aime bien les trucs Fusion, alors que le guitariste est plus orienté vers les musiciens virtuoses à la Steve Vai.
P. L. : Je te laisse conclure.
J. : J'apprécie bien les efforts de la scène d'ici, mais j'aimerais que les gens et les groupes montrent un peu plus d'ouverture d'esprit, au lieu de se cantonner chacun dans son sous-genre. Une unité plus grande de la scène Metal serait la bienvenue.
Missing Link est disponible dès maintenant.
Site Web officiel de Sweet distortion : Sweet Distortion
Rédigé par Patrice Lamontiers
|