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 | Entrevue avec Ville Leppanen de la formation Hard Rock/Alternative Snowdogs. |
Le projet Hard Rock/Alternatif Snowdogs est l'une des bonnes surprises de l'année avec leur nouvel opus Deep Cuts, Fast Remedies, qui permet au groupe de se créer une place de choix parmi ce genre de formations.
Nous avons donc jugé bon de nous entretenir avec le sympathique Ville afin d'en savoir plus sur l'équipe Snowdogs et sa création.
Patrice Lamontiers de MetalQuebec.com : Salut l'ami. En premier lieu, j'aimerais savoir quelle est dans ton opinion la différence la plus marquée entre "Deep Cuts, Fast Remedies" et "Animal Farm". Y a-t-il selon toi un grand pas entre les deux ?
Ville Leppanen des Snowdogs : Salut. Il y a une grande différence entre les deux albums. Deeps Cuts est l'album qu'aurait du être le premier album. Je crois que les pièces sont bien meilleures, que le son est également supérieur, et notre performance est bien meilleure aussi. Je suis fier de AF lui aussi, ne me comprend pas mal, mais je pense que Deep Cuts est un pas de géant, sans doute pas pour l'ensemble de l'humanité, mais tout au moins pour Snowdogs... ;-)
D'où cela vient-il ? Nous avons tourné beaucoup, nous avons vu des trucs qui nous ont inspiré à écrire des textes avec plus de substance et nous avons réussi à transférer sur bande ce que l'on ressentait et désirait. Ou plutôt sur disque dur, car plus personne n'utilise des bandes pour enregistrer désormais !
P. L. : Votre maison de disques classe les Snowdogs avec des groupes tels Offspring, Soul Asylum, Green Day, Placebo et The Replacements. Ces comparaisons sont-elles justifiées selon toi ?
V. L. : Ouais... non... ça dépend de quelle humeur je suis. Je pense qu'on peut entendre quelques éléments de ces groupes ici et là. Mon opinion est que quelqu'un de talentueux va démarrer avec certaines influences et construire là-dessus pour arriver à quelque chose de personnel. Un gars pas vraiment talentueux, comme un membre des Hives, va écouter un vieil album et le copier note pour note. Ce qui n'est pas nécessairement une mauvaise chose, mais ce n'est sûrement pas créatif, n'est-ce pas ?
En fait nous n'avons pas réellement été influencés par aucun des groupes que tu nommes ci-haut. On aime beaucoup d'entre eux, mais nos influences individuelles et nos collections de disques sont bien plus vastes. Juste pour te donner une idée : mon frère Mat trippe Rush, j'aime Paul Simon, Benjy écoute du classique sans batterie. Les deux groupes sur lesquels nous nous entendons tous sont Nirvana et le vieux Van Halen.
Maintenant, comment peut bien foutrement sonner un groupe qui a été influencé par tout ça ? Mon conseil est d'écouter Deep Cuts pour trouver la réponse... ;-)
P. L. : Que penses-tu du fait que vous soyez sur Victory Records, qui est généralement réputé pour du matériel Hardcore assez agressif, vous y sentez-vous à la maison ?
V. L. : Pour dire vrai je ne suis pas vraiment intéressé par les autres groupes sur Victory, ou de quelque autre maison de disques que ce soit. Il y a plein de bons groupes sur Victory, et nous souhaitons simplement être considérés comme l'un de ceux-ci. Si quelqu'un dit "Hé, Snowdogs ne sonne pas comme aucun des autres groupes sur Victory", je répondrai "Excellent !!!". Car la variété est une bonne chose et nous devrions tous marcher dans les souliers des autres un peu plus. Au sens figuré bien entendu. Et je parle seulement de musique ici.
Je n'ai jamais fait partie d'une scène. Nous, en tant que groupe, ne provenons pas d'une scène avec des coupes de cheveux et des pantalons identiques. Nous aimons faire de la musique. Une fois ceci réglé, nous espérons que nous puissions rejoindre le plus de gens possible. Victory nous aide à atteindre cet objectif. Les choses changent, tout comme les maisons de disques. Si nous apportons quelque chose de nouveau et de frais au party, tant mieux.
P. L. : Certains des instruments utilisés sur votre album sont surprenants. Où avez-vous vous eu l'idée d'utiliser d'autres trucs que les instruments de base comme la guitare, la basse et la batterie ?
V. L. : Une réponse serait l'ennui. Mais ce serait une réponse incomplète, bien qu'il y ait une part de vérité dans celle-ci. Je n'aime pas les albums où toutes les pièces sonnent pareilles : le même son de guitare, les mêmes intros, les mêmes sections en milieu de pièce, les mêmes refrains, après ça un plan de guitare familier... tu vois ce que je veux dire ?
TANT d'albums de nos jours ont l'air d'être faits dans un moule préconçu. De moins en moins de musique est à propos de "voyons ce qu'on peut faire", mais plutôt "essayons d'être comme tel-ou-tel groupe".
Je pense que ça revient à ta question précédente à propos de la mentalité "hardcore, my corps, marine corps."* Je préfère pour ma part lorsque c'est "hmmm c'est plaisant, j'aime ça, donc c'est bon"*2. (Full Metal Jacket quelqu'un ?)
Laisse-moi expliquer : nous voulions faire un disque où nous pourrions nous exprimer réellement et faire de chaque pièce la meilleure que nous puissions faire, sans AUCUNE contrainte. C'était tellement cool d'ajouter la section de cuivres. Ces mecs étaient des gars de sessions très hots de Londres qui ont enregistré avec nous pour presque rien, juste pour faire plaisir à notre producteur Steve Brown.
Nous avions un pote pour écrire quelques partitions musicales pour eux, mais ce n'était pas très clair, alors ça a finit que je leur chantait "bop-deba-daba-dabip-be-debop" afin de leur expliquer comment on voulait que ça sonne. Le problème est que sonnait TROP BIEN. Trop lèché. Alors on leur a demandé de boire une couple de bière et de foutre la merde là-dedans un peu.
Encore une fois, je pense que le fait que nous écoutions tellement de trucs différents explique que nous n'ayons pas peur d'ajouter de tels instruments à notre musique.
P. L. : Penses-tu que votre formation classique puisse de plus en plus remonter à la surface sur vos prochaines productions, tout en restant fidèles à l'esprit du Rock and Roll ?
V. L. : Mmmmhhh, ma formation classique n'est à présent qu'un souvenir distant. Je peux encore jouer un peu de piano, mais avec chaque année qui passe, j'en perd davantage...
J'aime la guitare Rock. C'est ça mon truc. Mais la vie est pleine de surprises, et j'ai une tolérance très faible à l'ennui, alors... qui sait ? Sûrement pas moi.
P. L. : Êtes-vous satisfaits de l'accueil qu'a reçu le nouvel album, et ce tant de la part du public que de la presse ?
V. L. : Oui. Les gens semblent bien l'aimer. Bien entendu, sur une échelle planétaire, il y aura toujours plus de mauvaises réactions et de gens pour ne pas vouloir rien savoir de nous. Si je commence à m'en faire pour eux, autant arrêter de faire de la musique tout de suite... ;-)
Essentiellement, je fais de la musique pour moi-même et pour toutes celles et ceux que ça intéresse d'y porter l'oreille. Je ne puis qu'être heureux que tant de gens sont assez intéressés pour me demander des tonnes de questions à propos de nous dans des entrevues comme celle-ci.
Je suis étonné que des fans du monde entier sont touchés par ce que nous faisons et nous écrivent. C'est super !
P. L. : Cet album a été enregistré en direct je crois (live). Est-ce une manière de capturer l'intensité de vos spectacles et de garder l'énergie du moment présent ?
V. L. : Nous avons enregistré l'album avec Protools et avions tous les cossins technologiques d'ordinateur dont on avait besoin. Mais lors de la préproduction, le producteur Steve Brown a tout simplement dit "Les gars, vous êtes des musiciens formidables, pourquoi on n'enverrait pas le clic-track au diable, toi tu mets là, toi là et toi là, vous jouez la toune et C'EST TOUT !".
Le but de Steve était de capturer notre énergie en spectacle. Il est un grand motivateur, et nous a aidé à croire en nous. Maintenant que je réécoute le disque, je suis surpris de jusqu'à quel point il sonne live et énergique. C'est comme si on était dans la pièce à côté en train de jouer.
Mais attention, c'est un album de Rock moderne influencé par le Punk, et il y a tout de même une couple d'overdubs dessus ! Ce n'est pas une relecture des années soixante ! ;-)
P. L. : Les textes sont-ils importants pour Snowdogs, ou secondaires à la musique ?
V. L. : Ils sont tout aussi importants. Si les paroles ne sont pas intéressantes, toute la pièce va s'en ressentir. Je pense sincèrement être un parolier assez motivé, en tout cas je m'améliore, mais c'est très cool de lire les textes dans la pochette et de tripper sur Boy In The Bubble...
Paul Simon est un écrivain extraordinaire... À le lire, je ne manque pas de place pour devenir meilleur... ;-)
P. L. : Y a-t-il un message spécifique que vos tentez de véhiculer à votre public ?
V. L. : Je crois que ton entourage est là pour que tu l'améliore. Je n'aime pas prêcher la bonne parole et je ne pense pas avoir la science infuse, mais je dis aux gens de ne pas demeurer là à ne rien faire tandis que des hommes stupides prennent des décisions stupides en notre nom.
Un journaliste danois m'a dit que les pièces sont comme un appel aux armes. J'aime cette description.
P. L. : Juste par curiosité, j'aimerais te demander si c'est vrai que vous avez commencé à jouer du Rock parce que ton grand-père t'a dit de ne pas le faire, ou alors n'est-ce qu'une blague ?
V. L. : Mon grand-père a dit "Ne deviens pas un musicien, c'est une job de merde.". Et il y a des matins que je me dis qu'il avait raison... ;-)
Mais les lendemains de brosse ne durent généralement pas SI longtemps, hein ? Si tu veux une réponse sérieuse : je n'ai pas le choix, je dois jouer, c'est ce que j'aime faire et je suis bien chanceux de vivre de ça.
P. L. : Est-ce qu'il y a des plans de venir au Québec, Canada, afin de jouer une couple de spectacles ?
V. L. : Nous regardons ça présentement, nous planifions nos tournées. J'aimerais bien venir vous voir. En fait, en ce moment je pratique mon français tandis que je réponds !
J'ai l'intention d'apprendre un peu de chaque langue des endroits qu'on visite, pour pouvoir aller me promener dans les bars et au restaurant et me débrouiller. J'en arrachais au Japon, j'ai fait semblant en Italie, et ce nétait pas mieux en France... Alors j'aimerais bien avoir des conseils pour quand je vais venir au Québec.
P. L. : Merci pour l'entrevue, continuez le bon travail !
V. L. : Merci à toi de nous avoir donné de la place ! Allez voir www.snowdogs.co.uk pour en savoir plus sur tout ce qui a rapport à Snowdogs.
* N.D.L.R. : intraduisible, ou alors nous ne pigeons pas... *2 N.D.L.R. : passage original : "hmmmm goood, feels good, is good."
Rédigé par Patrice Lamontiers
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